« Le véritable guide ne vous donne pas sa carte ; il vous aide à effacer les gribouillis sur la vôtre pour que vous puissiez enfin voir votre propre route. »
L’illusion de l’empilement
Nous vivons dans l'ère de la boulimie existentielle. Dès le plus jeune âge, notre logiciel social est programmé pour l'empilement : accumuler des diplômes, collectionner les objets et saturer nos agendas pour se donner l'illusion d’avoir une vie bien remplie. On nous vend une carte du bonheur où chaque centimètre carré est surchargé d'itinéraires obligatoires et de points d'intérêt standardisés. On nous apprend à devenir des archivistes du vide.
Pourtant, à force de rajouter des couches de "faire" et d'”avoir", nous avons fini par étouffer la note fondamentale de notre être. Cette frénésie de l'ajout nous a transformés en instruments désaccordés, incapables de faire “sonner” notre propre mélodie intérieure à cause du vacarme des attentes extérieures. À force de vouloir jouer toutes les partitions du monde, on finit par ne plus être capable d’en jouer une seule correctement.
Apprendre à se centrer, ce n'est pas acheter un nouveau manuel de développement personnel ni s’inscrire à une énième formation certifiante. C'est entamer ce geste contre-intuitif de soustraction. C’est le dépouillement lent de tout ce que nous avons construit pour nous protéger. C’est retrouver le silence nécessaire à l'écoute de soi. La liberté ne vient pas d’une carte saturée d’itinéraires imposés qui créent l’illusion du choix, mais de l’acceptation de parfois faire fausse route, de laisser faire et de nous faire confiance. Documenter cette voie, c’est accepter que pour faire entendre sa propre musique, il faut d’abord oser éteindre le bruit.
Une quête de souveraineté
Un mot de mise en garde est nécessaire, car le chemin du retour à soi est devenu un marché comme un autre. Vous rencontrerez inévitablement des spécialistes autoproclamés et des maîtres à penser charismatiques. Ils vous assureront, avec une certitude désarmante, que leur méthode est la seule porte de salut. Ils vous proposeront d'ajouter leur bonne parole, leurs rituels et leurs croyances à votre sac à dos déjà lourd.
Au mieux, vous y perdrez votre temps. Au pire, vous risquez de perdre votre indépendance et votre souveraineté en confiant votre itinéraire à quelqu’un d’autre, quand bien même serait-il paré des meilleures intentions. Un véritable guide ne vous donne pas sa carte ; il vous aide à effacer les gribouillis sur la vôtre pour que vous puissiez enfin voir votre propre route. Si un "maître à penser" vous demande d'étouffer votre guidance intérieure au profit de sa doctrine, fuyez. Faites de même avec mes mots s’ils vous paraissent dogmatiques, surplombants, si ce que j’écris ne fait rien vibrer en vous, si ça ne “sonne” pas pour vous. Ce que je relate ici est mon laboratoire, mon expérience, mon accordage. Il n’a de valeur que s’il résonne avec votre propre fréquence. Le but n'est pas que vous adoptiez ma mélodie, mais que le récit de mon expérience vous aide à identifier le moment où votre propre instrument commence à sonner faux. Garder les pieds sur terre tout en ouvrant son esprit, à l'image de ce que j'essaie de faire avec mon podcast [Frontière].
Assumer ses capacités, ou l'évidence des retrouvailles
L'éveil n'est pas une lévitation au-dessus du réel, mais une plongée dans la matière. Pour moi, cette densité passe par la compréhension des mécanismes concrets qui régissent notre énergie. C’est tout l’objet de ma réflexion sur [le magnétisme et la science], où j'explore comment l’invisible s'incarne dans le biologique. Assumer ses capacités, ce n’est pas non plus arborer une nouvelle identité sociale ou afficher de nouvelles compétences aux yeux de tous. C’est accepter cette part de vous qui a toujours été là, mais que vous avez longtemps ignorée pour rester dans la norme.
Pendant des années, j’ai joué une partition qui n’était pas vraiment la mienne. On parvient aisément à entretenir l’illusion que l’on est heureux de jouer cette musique sociale, parce qu’elle semble cohérente aux yeux des autres, et parce qu’on ne sait pas faire autrement. Mais à l’intérieur, la dissonance finit par devenir insupportable.
Sur la carte de ma vie, on avait tracé pour moi des frontières rigides, ces pointillés invisibles qui délimitent le territoire de la "normalité". Tous les systèmes, sociaux, familiaux, amicaux, professionnels, scolaires, etc. nous enseignent que le salut réside dans le fait de rester raisonnable, d'évoluer dans un périmètre sécurisé où chaque ressenti doit être validé par un tampon administratif, scientifique, social. Dans ce cadre, tout ce qui dépasse, tout ce qui vibre hors des fréquences admises par le plus grand nombre, est immédiatement étiqueté comme suspect, inutile, étrange, voire dangereux. Pourtant, en acceptant de franchir cette ligne imaginaire, j'ai réalisé que ce que la société nomme "raison" n'est souvent qu'une cage dorée, et que la véritable justesse se trouve précisément là où l'on cesse de vouloir être conforme pour commencer à être vrai. Dans ce cadre, et étonnamment pour le pragmatique que je suis, redécouvrir mes capacités de magnétiseur n’a pas été une surprise, mais plutôt des retrouvailles. Comme retrouver une vieille connaissance perdue de vue pendant des années. On ne s’étonne pas de sa présence. On s’étonne simplement de l’avoir oubliée si longtemps.
Je n’ai jamais cherché à ancrer ce flux d’énergie dans une croyance. Qu’est-ce que c’est ? D’où ça vient ? Comment ça marche ? Les réseaux sociaux et la pensée New Age vous abreuvent de réponses, souvent pleines de promesses révolutionnaires ou de protocoles infaillibles. Pour moi, la question n’a jamais été "qu’est-ce que c’est ?", mais "qu’est-ce que j’en fais ?". Je n’ai pas eu le syndrome de l’imposteur : je me sens parfaitement à ma place et légitime quand je soigne quelqu’un. La difficulté a résidé dans l'expression : comment le dire sans devenir une caricature de "sorcier" ? J’ai choisi de laisser les choses aller en me disant que je trouverai bien un jour comment en parler publiquement.
L’élan final est venu d’un rêve dans lequel je soignais une amie d’enfance souffrant de douleurs inflammatoires. Au réveil, la sensation de ses remerciements était encore physique. Je savais que le moment de "l'invitation" intérieure était arrivé. Cette amie fut une des premières personnes à me consulter. Le soulagement qu’elle a ressenti suite à mon soin a valu pour moi tous les salaires du monde.
L'alignement comme catalyseur
Dès l'instant où j'ai cessé de négocier avec mes capacités, dès que j'ai accepté que le flux qui traversait mes mains était une fonction, ma cartographie a changé. En assumant cette part de moi, une évidence s'est imposée : aider les autres allait désormais faire partie de ma vie. Ce n'était pas une décision prise après mûre réflexion, mais la note qui “sonne”.
C’est précisément cet alignement qui a provoqué la suite. En acceptant ma place, j’ai attiré à moi les ressources nécessaires pour l'occuper pleinement. On ne peut pas prétendre accompagner l'autre sur son chemin si l'on est soi-même entravé par des chaînes que l'on ne voit plus tellement elles sont présentes. La vie a alors placé sur ma route deux personnes qui allaient devenir les artisanes de ma propre libération. Avant de pouvoir offrir le soin, je devais recevoir le mien ; avant de guider, je devais accepter de délester mon propre sac à dos de ses entraves physiques et émotionnelles les plus lourdes. C'est ici que l'expérience a quitté le domaine de la théorie pour s'incarner dans la rencontre fortuite avec Lise Baudot et Lorrie Imbert.
« Bouge pas, je regarde ça. »
J’ai souffert de migraines depuis l’âge de 7 ans. Ce ne sont pas de simples maux de tête. C'est une invasion. Une douleur sourde qui s'installe pendant plusieurs jours en basse continue et qui se résout par une crise douloureuse et épuisante. Les derniers temps, j’avais mal quasiment toutes les semaines. La médecine est restée impuissante, et j'avais fini par accepter cette malédiction comme une composante de mon quotidien. On s'habitue à la douleur, on compose avec elle, on gère l'humeur massacrante, le brouillard mental et l'épuisement avec des anti-inflammatoires qui ne font que mettre un voile sur le symptôme.
Le corps d'un magnétiseur est son premier outil de travail, sa caisse de résonance. Comment soigner l'autre si son propre instrument est grippé par des décennies de tensions ?
Je connaissais Lise Baudot depuis quelque temps. Nous échangions de temps à autre sur Messenger à propos des énergies, de médiumnité, etc. Au détour d’une conversation j’ai évoqué mes problèmes de migraines.
« On peut regarder ça en Deepli si tu veux, me dit-elle. (Deepli est une méthode de libération émotionnelle)
— Maintenant ?
— Oui, bouge pas.
Elle a coupé la conversation pendant dix minutes. Je suis resté là, sans attente particulière. Je suis un sceptique de nature, j'observe mes propres réactions. Soudain, une chaleur intense a commencé à s’étendre de mon omoplate droite vers ma nuque, remontant jusqu’à la tempe. Ce n'était pas une suggestion mentale, c'était un événement physiologique.
« Ok, c’est fait, m'annonce-t-elle au même moment. C’était comme si ton cerveau gauche luttait contre l’absence de logique cartésienne de ce que capte ton cerveau droit. J’ai rééquilibré les deux hémisphères. Tu bloquais au niveau du chakra coronal (un point d’énergie au sommet du crâne qui commanderait notre lien au divin) parce que tu voulais comprendre avant de recevoir. J’ai levé les freins. »
L’effet fut immédiat et bouleversant. Une sensation de légèreté dans le ventre, une clarté mentale que je n'avais plus connue depuis l'enfance. J'avais envie de pleurer, non de tristesse, mais de joie. Un soulagement indicible.
« C’est fou, j’ai l’impression de récupérer de l’énergie en pagaille.
— C’est la juste dose pour toi. Laisse infuser. »
En dix minutes, Lise m’a libéré de quasiment 30 années de migraines. Je me sentais délesté d’un fardeau immense. Ce n’était pas de la magie, c’était un accordage. Depuis ce jour de juin 2024, la migraine n'a quasiment plus jamais franchi le seuil de ma porte.
Plongée en Terra Incognita
Si la douleur physique est une fausse note, la peur, elle, est, une rupture de rythme fondamentale. Je ne parle pas de la peur saine face au danger, mais de cette insécurité viscérale, cette "blessure de l'âme" qui nous ronge incidemment, qui sape nos fondements sans même que nous en soupçonnions l’existence.
Cette peur-là ne se dissout pas avec des mantras positifs, de la volonté ou un livre de développement personnel. Elle demande une exploration de nos angles morts, de nos Terra Incognita. À une période de mal-être profond, où j'avais l'impression de devoir sauter dans le vide sans parachute, où une insécurité intérieure m'étouffait sans que je comprenne l’origine de ces troubles, une connaissance médiumne m'a glissé :
« C’est une vie antérieure qui te joue des tours. »
Mon bouclier s'est immédiatement levé. "Une vie antérieure ? On nage en plein délire" me suis-je dit. Pourtant, la vie a forcé le passage par des synchronicités. D'abord, une méditation guidée où j'ai revisité, avec une précision cinématographique, la vie d'un petit garçon vagabond, rejeté par les siens. Puis, l'écoute d'un podcast dans lequel l’énergéticienne Lorrie Imbert expliquait sa méthode de libération émotionnelle. Sa façon de parler du soin a fait vibrer quelque chose de particulier en moi. Je savais que je devais la contacter.
Le jour du rendez-vous avec Lorrie, je ne savais pas à quoi m'attendre. Je suis placé dans un état d'hypnose très légère, et immédiatement je me retrouve dans la peau du petit garçon vu pendant les séances de méditation. Je sais que c’est moi, je ressens ses émotions avec une précision déroutante.
« Alors, dis-moi, où est-ce que tu te trouves, demande Lorrie ?
– Je suis devant une maison. Il y a une femme à l’intérieur. C’est ma tante. Ou quelqu’un de la famille. Elle me hurle dessus. Elle veut que je m’en aille, elle me dit que je suis le Diable. Elle a peur de moi.
— Pourquoi a-t-elle peur ?
— Parce que je vois des choses. Je perçois l'invisible, et pour elle, c'est le Mal. Elle dit aussi que j’ai vu ce que je n'étais pas censé voir. Elle semble avoir honte d’elle-même. C’est pour ça qu’elle m’a chassé, pour ne pas avoir de problème. Et je ne comprends pas. Le garçon que je suis ne comprend pas sa réaction vis-à-vis de lui.»
Lorrie m'invite alors à un geste de réconciliation, à envoyer de l'énergie vers cette femme au visage voilé de noir. À mesure que le soin avance, le voile se déchire et ses traits apparaissent.
« Ce n'est pas ma tante... c'est ma mère. Elle ne me déteste pas, elle a honte. Elle a honte d'un secret de famille que j'ai découvert malgré moi. Elle a été victime de son frère, un prédateur sexuel. Je les ai vus. Elle m'a rejeté pour ne pas avoir à affronter sa propre vérité. »
À cet instant, tout fait sens. Ce n'était pas une théorie intellectuelle, c'était une déflagration émotionnelle. J'ai compris en un claquement de doigts pourquoi, dans ma vie actuelle, j'avais passé mon temps à chercher l'approbation, à me trouver des excuses, à craindre le conflit, à faire passer les autres avant moi, à sentir depuis toujours un vide intérieur. J'étais encore ce petit garçon qui avait peur d’être abandonné. Voilà pourquoi j'étais "blindé de peur" ! (Voir cet article)
Le soulagement fut également physique. J'ai senti un flot d'énergie immense en moi, centré sur le plexus solaire, qui irradiait de chaleur et de fourmillements jusque dans les jambes. Les répercussions furent concrètes : j'ai découvert la sensation de satiété (je mangeais, souvent trop, pour combler ce vide intérieur), j'ai perdu du poids, et surtout j'ai commencé à poser mes limites sans trembler. Le sentiment d'insécurité permanente s'est évaporé pour laisser place à une paix intérieure solide.
Tracer son propre itinéraire
Une fois que la boussole est réparée et que les fausses notes ne parasitent plus votre musique intérieure, passer à l'action n'est plus une question de courage. C'est une évidence. C'est l'étape finale de la soustraction : on retire les derniers doutes pour laisser place à l'honnêteté envers soi.
Comme je l'ai vécu avec Lise et Lorrie, la transformation ne vient pas de l'ajout d'un savoir extérieur, mais de la connaissance et la libération de ce qui entrave. Passer à l'action, c'est accepter de tracer son propre itinéraire sur une carte où les zones d'ombre ont été éclairées. L’action juste naît du silence et de la souveraineté retrouvée. C'est en habitant pleinement cet espace de sécurité intérieure que l'on comprend enfin ce que signifie être "à sa place". Ce cheminement vers l'unité est ce que je tente de décrire dans ma [préface sur la reconnexion à soi].
Ce n’est pas un confort douillet, car cela implique des choix parfois difficiles. Mais c’est une place où l’on ne sonne plus faux.
Conclusion : à l’ombre d’Épicure
La voie de la soustraction n'est pas un vide effrayant ou une perte. C'est le silence nécessaire avant que la première note de votre nouvelle vie ne retentisse. Elle permet de se recentrer sur l'essentiel, de tendre vers cette ataraxie chère à Épicure, une absence de trouble qui définit le bonheur. En tout cas, à défaut du bonheur, elle permet assurément d’être bien moins malheureux.
La musique s’écoute au calme. Et la vérité, une fois dépouillée de ses artifices, est d’une simplicité désarmante.
Pour retrouver Lise Baudot : linktr.ee/novae_accompagnement
Pour retrouver Lorrie Imbert : https://www.lorrieimbert.com/
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