« Le plus grand voyage n'est pas de découvrir de nouveaux paysages, mais d'apprendre enfin à habiter sa propre demeure. »
La voie de la soustraction
On imagine souvent que devenir magnétiseur est une expansion, une acquisition de capacités supplémentaires, un héritage familial transmis au fil des générations, voire un don. L’expérience me montre chaque jour le contraire : c’est une soustraction. C’est le dépouillement lent et souvent inconfortable de tout ce que nous avons construit pour nous protéger. C’est la muraille de l’ego face à la peur de ce que nous sommes, face à la lumière en nous.
Depuis toujours, aussi loin que je m’en souvienne, j’ai habité ma vie comme une forteresse. J’étais un esprit qui analysait le monde, protégé par les murs rassurants de ce que j’appelle des “systèmes”. Systèmes familiaux, amicaux, relationnels, professionnels, institutionnels, intellectuels, j’en oublie. Autant de prismes de lecture qui permettent de segmenter la vie en différents objets d’analyse, et à fournir des réponses imparfaites, cloisonnantes, qui, finalement, ne constituent bien souvent qu’une brique supplémentaire qui va consolider le mur de l’ego. Mais l’énergie, lorsqu’elle surgit, ne s'embarrasse pas de protocoles. Elle ne demande pas la permission au mental. Elle ne frappe pas à la porte en attendant poliment qu’on lui ouvre. Elle entre. Elle coule, elle pousse, et elle finit par craqueler l’armure.
Un instrument de mesure
Je ne conçois pas l'écriture de ce blog comme une confidence ou un moyen de parler de moi à moindre frais. Je n’adhère à aucun dogme, aucune religion, aucun mouvement spirituel. Je ne prêche pour aucune paroisse, je ne me revendique pas comme prescripteur de point de vue, ou donneur de leçon. Je ne crois pas en la pensée magique et encore moins aux arrières-mondes. Je n’ai la solution aux problèmes de personne ; je n’ai donc rien à vendre à ce sujet. Je n’envisage pas ces lignes comme un moyen de parler de moi pour le plaisir de parler de moi. Non, pour moi ce blog est comme un instrument de mesure. Un effort d’authenticité et d’honnêteté que j'espère sans complaisance.
Au cours de ma vie, j’ai eu la chance de pouvoir faire de la recherche en histoire. Au siècle des Lumières, période que j’ai étudiée, les savants, les ingénieurs, les arpenteurs, les cartographes partageaient leurs découvertes pour que chacun puisse s'en emparer, les tester et, finalement, éclairer sa propre route. On partageait ses réflexions, ses doutes, ses difficultés et la façon dont on les avait surmontés, non pas pour parler de soi dans un vain exercice égotique, mais pour être utile. J’ai toujours en souvenir la lecture de Jean Samuel Guisan, né en 1740 dans le canton de Vaud en Suisse, ingénieur, agronome, qui s’est illustré en Guyane en asséchant les terres basses pour les rendre fertiles et cultivables. Je me souviens avoir été particulièrement marqué par ce personnage, tout en humilité malgré son talent, qui raconte son parcours d’autodidacte pragmatique depuis sa Suisse natale jusqu’au Surinam et en Guyane. Son but était que son expérience soit utile. Que ce qu’il avait vécu serve à quelqu'un. C'est dans cet esprit que j'ouvre ce journal de bord.
L’énergie comme miroir
Ce blog, Horizon Intérieur, est né d’une certitude : le magnétisme n’est pas qu’un phénomène étrange et fascinant à la fois. Sa nature importe peu dans mon propos. C’est une voie d’accès à sa propre vérité. En apprenant à ressentir le flux dans mes mains, j’ai surtout appris à ressentir les blocages dans mon être. Chaque séance de soin que je donne, chaque remise en question que je traverse, est une exploration de cette terre inconnue : moi-même.
À la manière des hommes du siècle des Lumières observant le monde qui était le leur, je vais relater ici ce voyage vers l'intérieur. L’exercice n’est pas simple. Peut-être que mon discours sera hermétique. Peut-être vais-je enfoncer des portes ouvertes. Mon intention n’est pas de livrer des vérités toutes faites, des méthodes pour aller mieux, des protocoles pour guérir. Je souhaite documenter la mécanique du changement :
- Comment le magnétisme et les énergies nous forcent à l'honnêteté radicale.
- Comment le corps devient le plus fidèle des guides quand l'esprit s'égare.
- Comment, en cherchant à soigner l'autre, on finit inévitablement par rencontrer ses propres zones d'ombre pour mieux les éclairer.
Je partage ces lignes pour ceux qui, comme moi, sentent que le costume qu’ils portent est devenu trop étroit ou passé de mode. Mon expérience est un laboratoire ouvert : j'y teste la liberté, la présence et l'écoute de ce qui vibre. Je m'accorde le droit de me tromper, de manquer de pertinence ou de changer d'avis. Pour que l’expérience vécue par les uns soit un jour utile pour les autres.
Car, au bout du compte, le plus grand voyage n'est pas de découvrir de nouveaux paysages, mais d'apprendre enfin à habiter sa propre demeure.
De la résonance
Les énergies et la transformation qu'elles imposent ne sont pas, à mes yeux, des mystères réservés à une élite mais des phénomènes que j'ai choisi d'observer, dès le début, avec la plus grande ouverture d’esprit possible, en me limitant à ce que je percevais, à ce que mes sens, mon intuition, mon corps me disait. Pas de pensée magique chez moi. Ça n’est pas une posture pour me démarquer : je fonctionne ainsi dans beaucoup de domaines. J’expérimente par moi-même pour me forger mon propre avis sur la question. Je refuse d’être happé par un système de pensée qui me donnerait des réponses toutes faites. Quand réponse il y a, réflexion il n’y a plus.
Je suis musicien. En musique, nous savons qu'un instrument peut être parfaitement accordé, un morceau parfaitement exécuté, sans pour autant "sonner" de la même façon sous tous les doigts, ni aux oreilles de tous les auditeurs. Ce, indépendamment du talent de l’instrumentiste. L’oreille s’éduque, la sensibilité s’éduque, jouer en groupe s’apprend, et parfois appréhender un morceau ou un style demande une approche progressive, nécessite des étapes préalables afin d’en savourer toutes les subtilités, pour qu’enfin “ça sonne”. La musique est une fréquence. L'énergie est une fréquence. Tel morceau, tel instrument, tel musicien, tel style peut laisser de marbre des oreilles qui préfèrent autre chose. Ce n'est pas l’instrument qui est mal accordé ou le musicien qui joue faux, voire l’auditeur qui n’y entend rien : c'est une question de résonance.
Il en va de même pour ce blog et pour mon expérience de magnétiseur. Ne prenez que ce qui “sonne” pour vous : ce que je relate ici est ma propre expérience. C’est mon accordage intérieur. Si une observation vous heurte ou vous laisse indifférent, laissez-la de côté. Ce n’est pas grave. Vous y reviendrez peut-être plus tard. Mon but n'est pas que vous adoptiez ma mélodie, mais que le récit de mon expérience vous aide à identifier le moment où votre propre instrument commence à sonner faux ou, au contraire, le moment où vous commencez à jouer juste.
Laissez-vous guider par vos ressentis.
Puissent ces mots vous aider à trouver votre chemin. Non comme un dogme, non comme des conseils, non comme une recette miracle mais plutôt, pour filer la métaphore jusqu'au bout, comme un nouvel accordage à tester pour faire sonner votre propre musique.
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